Trilogie I, livre I.
On
a volé le Big Bang
(disponible
en version originale)

Remontant la
piste d'une série d'assasinats étranges le héros de cette
histoire, Jacques, aussi nommé El Estripador ou Le Coq,
rencontre Oriane Park, fille spirituelle d'Hassan
l'Assassin et, à ses heures, top model, théologienne et
nana. On découvre que Dieu, fatigué des humains, a repris
le Big Bang et laisse les commandes, le temps de souffler,
à notre détective culturel à qui il dira, en fin de récit
"tu m'aimes avec simplicité".
Le Pape, la NSA, Clinton et beaucoup de femmes furieuses et
de personnages passionants s'agitent pour récupérer cette
vieille valise qui contient le "QUE LA LUMIERE SOIT" et
qu'un mystérieux Pèlerin transporte vers Wall Street avec
l'intention évidente de régler son compte - sinon à
l'Amérique - du moins aux Etats-Unis. Il faudra un
évènement exceptionnel pour sauver in extremis un monde
corrompu, quelque chose de pétant d'amour, qui servira de
Big Bang de substitution.
En fin de livre un INDEX assez peu conformiste dans lequel
l'auteur commente les sigles et termes techniques peu
courants ainsi qu'un dictionnaire abrégé de "franpagnol"
tout à fait amusant pour les bilingues.
Toutes les obsessions de l'auteur - sexe, Amérique,
religion - sont présentes dans ce livre prélude qui, à
travers, Orphée 2000 (volume II de fréquence femme, ménera
vers LA TEMPETE conclusive. (volume III).
Extrait
:
Echos
:
René Berger : (Le Big Bang) C'est un livre
jubilatoire!
//
Jacques Guyonnet ou :
envoi/envol
Portrait, trans-portrait plutôt: impossible de fixer des
traits, de saisir les événements, d'arrêter le récit,
encore moins de conférer une identité stable aux
personnages. Tout passe au travers, au-delà, à côté, dans
une turbulence inlassable. Les substantifs n'ont pas le
temps de prendre forme, encore moins substance; ils se font
"adjectivants", soit, par une étymologie fantaisiste (?),
"activants",
Privilégiant l'à côté, le long de, le transitoire, fuyant
la ligne droite comme le centre, mêlant baroque, truculent,
picaresque, les "personnages" eux-mêmes entraÎnés dans un
rhéomorphisme généralisé. L'Etre non pas réduit, mais
converti à ses apparences, les apparences se substituant à
l'être, les femmes s'habillant à la mode Dieu , comme elles
s'habillent (s'habillaient) à la mode St. Laurent. Courses
échevelées, latences orgasmiques? Les territoires encore
quittant leurs amarres pour éprouver la jouissance de
l'avion, l'auteur avouant, accessoirement , dans le chaos
organisé du Big Bang, qu'il souffre comme chacun d'entre
nous, et meurt.
9 avril 2003
Le sadien, soit le discours sur le pouvoir qu'exerce une
détenteur d'une sexualité phare, existe bel et bien mais il
n'est que deux choses dans ces livres :
a) une vertébrante structure qui autorise Dieu, le monde
comme poèsie et représentation, toutes sortes d'idées
ne relevant pas du sexe
et b) un pur plaisir pour ceux qui ont approndi dans le
respect et la rigueur cette définition
Les femmes sont pouvoir et les hommes énergies
(le rôle de la femme est de canaliser les sénergies
masculines) … ce qui apparaît dans plusieurs chapitres, que
j'admire, Jean d'O, une théorie des top modems entre
autres. Tendresse et verve, un vaste registre...
De quoi rester perplexe, comme c'est souvent le cas, avec
tes livres (autant qu'avec toi?). La veine picaresque
d'abord , qui ne répugne pas à la truculence, à l'hyperbole
aussi. Avec des performance (de tous ordres) qui laissent
le lecteur plus d'une fois pantois. Et cette curieuse
fascination de Borges qui sert à la fois de paravent, de
guide ou d'alibi. Mais ce qui me frappe peut-être le plus,
c'est le combat d'escrime que tu
livres sans arrêt avec Jacques et ses "compagnes", sinon
avec le lecteur, qui s'essouffle ou même parfois s'irrite.
Mais je crois finalement que c'est d'autre chose qu'il
s'agit : l'auteur, toi multipliant les passes
d'armes, oui, avec l'auteur, toi, et subséquemment le
lecteur. Haut les masques, à bas les masques. Les fleurets
font doublement mouche. Les blessures fleurissent et
pourtant, tout reste somptueusement immobile comme dans un
auto-combat glacé. Égotisme ou botte ultime !
Christian Buenzod de Editions Melchior : (Le Big Bang) : Le
style américain, le punch latino et une âme française. Je
le voulais en exclusivité...
Jean Claude Coquempot : (Le Big Bang) Vous avez extrait de
votre "somme" un récit qui file bon train sans perdre
l'altitude de votre première période, celle du compositeur!
Avez-vous pensé à enregistrer une copie de chaque livre aux
archives de l'Etat de Genève? Ne vous méprenez pas,
l'avenir peut révéler des chercheurs plus sérieux que
moi...
(Les Culs) : Vous avez la braguette débraillée comme une
âme (pour prendre le contrepied de Céline) et cela vous
permet de mener le lecteur foutrement loin...
Jean-Luc Hennig : Vous écrivez diablement bien! Juste
parcouru comme ça, c'est fou ce qu'on sent quelqu'un à
travers sa phrase. Vous avez des airs de matamore mais au
fond vous êtes un tendre, un tendre musicien.
Jean d'Ormesson : (Le Big Bang) Je suis dedans!
Jacques Guyonnet : Je suis dehors... Comme pour toutes mes
partitions ces oeuvres me quittent après la première. Ça me
donne au moins l'occasion de les relire quelques temps
après.
Guillaume Chenevière : (Au sujet de : Les Culs) Je me suis
plus amusé dans le Big Bang, mais [......] ce livre est
d'une verve confondante.
A propos de Fréquence Femme I et II :
Les deux premiers tomes de Fréquence Femme, j'en ai suivi
tous les rebondissements, de points d’exclamation en points
d’éjaculation jamais précoce. Ton cocktail James Bond
d’Ormesson mêle l’action ébouriffante à la méditation
scientifique et culturelle de belle envolée, les plaisirs
bien sentis de la triade érotique aux accents également
sentis de la Trinité théologique (cette confusion des
quêtes sexuelles et religieuses doit être un trait romand,
puisque tu la partages avec Jacques Chessex?), le tout sur
une partition musicale qui passe sans solution de
continuité de la variété caressante à une austère
profondeur.
Au pays des nains de jardin, tu nous offres un ego trip en
trois volumes et en quatre dimensions (au moins) avec une
liberté, une rapidité et un rythme qui devrait faire bouger
les culs les mieux assis.
Tu nous promènes du Big Bang à la destruction symbolique de
l’Amérique, que tu as imaginée bien avant les auteurs de la
tragédie 11 septembre et dont tu as fais une histoire de
sperme et de poésie, pas de sang et de jalousie. Tu joues
des présences et des absences alternées de Dieu et de son
Fils à travers une polychromie théologique à y perdre son
latin d’église. Mais ton fil rouge –ta basse continue- est
toujours la Femme.
Tu es politiquement infréquentable puisque tu nous invites
à regarder les femmes comme de magnifiques objets– culs
sublimés, jambes mythiques-, mais tu te sauves in extremis
en révélant chez tes héroïnes une volonté, une énergie, un
extrémisme qui te laissent à la traîne… Tu as beau te
diviniser, te parer de toutes les plumes du Grand Pan,
elles sont plus fortes que toi et c’est elles qui mènent la
danse de ton Univers.
Divine surprise, tes livres conjuguent les exploits rêvés
d’un pilote d’avion surdoué et ceux d’un navigateur
multilingue. Cela nous vaut l’invention d’un vocabulaire
inédit, qui n’est pas pour rien dans la séduction fleuve de
ton roman.
Tu annonces que ton personnage, c’est-à-dire toi, meurt à
la fin du troisième tome. La belle affaire ! Tu es bien
capable de raconter les aventures d’un Coq virtuel
ressourcé dans l’infini, dont on sait aujourd’hui qu’il ne
signifie pas grand chose. Antenne à mesurer les
fluctuations de l’esprit du temps, curieux de tout et
surtout du contraire de tout, tu as bien le droit de
prolonger indéfiniment le plaisir que tu as commencé à nous
donner en partant de si loin dans l’histoire du monde !
Je souris, mais je sens que ton troisième volume sera plus
sombre que les précédents, ce qui ne fait que stimuler mon
envie et mon impatience de le lire? Comme les ruptures de
ton ne te font pas peur, je termine ce message malicieux
sur une note grave : je m’envole pour le Gujarat doublement
endeuillé.
…
Tu es du reste la preuve vivante que la production
littéraire d'aujour'dhui
transcende le genre classique du roman. Ce qui reste
valable, c'est la définition
d'Aragon : une machine a rendre compte du réel dans sa
complexité (le contraire
du journalisme).
…
J'ai lu H sur G et l'Amérique brûle-t-elle sous les
cocotiers, entouré de lézards géants, de petits serpents et
de singes moqueurs.
J'ai été une fois de plus frappé par la cohérence presque
obsessionnelle de ta démarche. Non seulement, tu écris
toujours le même livre, mais tu réintroduis dans chaque
nouveau volume les précédents, y compris, ce qui est
nouveau, à coup de citations atteignant les dimensions de
la page entière...
En lisant les deux textes l'un après l'autre, j'ai trouvé
extraordinaire qu'un récit policier ou un livre de
souvenirs - presque une autobiographie - se rejoignent à ce
point.
Peut-être devrais-tu t'astreindre - à la manière `de
Démosthène s'exerçant à parler la bouche pleine de cailloux
- à écrire un livre hors de tout ton référentiel, sans
Dieu, sans Jack, sans scènes de SM BCBG, etc. juste pour
voir...
Cela dit, je me suis royalement amusé et il y a plein de
passages fulgurants.
Je crois t'avoir déjà cité cette critique de Godot par
Anouilh : Les Pensées de Pascal revues par les Fratellinis.
On pourrait s'en inspirer en disant que Jack des Ombres
alias Esposito Briscow, c'est Teilhard revu par San
Antonio, mais comme tu te donnes les gants de citer tes
sources d'inspiration...
Merci de m'avoir inclus dans ton magasin d'accessoires. Je
ne me reconnais pas entièrement dans ce que tu me fais dire
de Godard, mais je ne m'en offusque pas et je suis très
content de figurer à la cérémonie funèbre que le Big Fish
genevois a la sagesse de mettre en scène de son (bon)
vivant.
Roger Meier : (Idéale Maîtresse) Je l'ai lu avec passion.
Brève de la rue Jacob (Une visite sur le conseil d'un ami,
Michel Slatkine)
Jean Bussy (Editions du Seuil) : Diffuser vos livres? On
perdrait de l'argent!
Jacques Guyonnet (provocateur, sortant son chéquier) :
2'000 dollars pour un titre, à mettre dans vos paquets à
destination de vos 400 libraires, ça vous va? La diffusion
ne vous coûtera même pas le dixième de cette somme.
Jean Bussy (Editions du Seuil, montant sur ses ergots) :
Monsieur! La Culture de France n'est pas à vendre.
Cocorico… (il s'étrangle de suffisance)
Jacques Guyonnet : Charnière! Venez ma chère, nous avons un
créneau au Bourget, ce personnage n'aime pas les
francophones. Et peut-être pas spécialement les Suisses.
Confidence pour confidence mon chèque eut été en bois..
On dit que Mr Bussy a, par la suite, consulté le
dictionnaire sous "charnière".
André Corboz
(a fait parvenir ce texte à propos d'Idéale Maîtresse et de
Fréquence Femme. Nous pensons qu'il s'agit du collage d'un
poème écrit par Corboz dans sa jeunesse, JG ne se reconnaît
pas sous des aspects aussi sublimes (NdE))) :
Dieu : Il m'aime avec simplicité, quelquefois. C'est
toujours ça.
ISBN ACHEVé D'IMPRIMER